« Monsieur Le Président, il nous faut réinvestir la Francophonie d’urgence ! « 

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Gilles Djeyaramane / Contributeur/Conseiller Le 10/05

La plupart des élus, des médias et des citoyens français se désintéressent de la Francophonie. Or, elle constitue une opportunité de développement pour notre pays. L’accession à l’Élysée d’un jeune Président, libéré des préjugés post-coloniaux a été saluée par les grandes capitales de la Francophonie. Elle est interprétée comme l’occasion d’une nouvelle approche. Francophonie, la France est de retour.

Peu de nos concitoyens ont conscience de la notion de Francophonie et de son importance. Plus clairement, plutôt que de la vivre et de la faire vivre, ils l’ignorent ou la considèrent malheureusement comme la persistance de la période coloniale.
En 2014, une commission présidée par Jacques Attali, soutien du nouveau « Président élu » remettait au Président Hollande un rapport intitulé « La Francophonie, la francophilie : moteurs de croissance durable ». Il en ressortait clairement que « le Français était important culturellement, mais également que c’était un enjeu économique important, car les personnes qui partagent la même langue ont des échanges économiques beaucoup plus soutenus ». 

Enjeux culturels, économiques et géostratégiques de la Francophonie

Le fait d’avoir en commun une langue favorise l’existence d’un espace de vie partagé. Mode de pensées, littérature, références historiques, monde cinématographique, musique, sont autant de points qui créent un espace propice aux échanges, à la création et aux affaires.
Mais la Francophonie ne se limite pas à l’utilisation de la langue française ou au souvenir de grands hommes tels que Léopold Sédar Senghor, le célèbre Président Académicien. Le récent investissement du Premier ministre canadien Justin Trudeau dans ce domaine dans sa politique internationale doit nous interpeller.
En effet, la Francophonie est composée d’une multitude de pays dont certains présentent des taux de croissanceexceptionnels. Ces pays, futurs pays émergents pour certains, ne doivent pas être négligés par les opérateurs économiques français et les Français de façon générale. Ils doivent et peuvent constituer au-delà des simples débouchés de futures partenaires de développement et de croissance par exemple pour nos industries, nos PME, nos établissements d’enseignement et de recherche, nos diplômés, etc.  De plus, il est important de réaliser que la population mondiale francophone devrait fortement augmenter et pourrait atteindre plusieurs centaines de millions de locuteurs en 2050-60, un marché extraordinaire.

La Francophonie, point d’appui d’une véritable politique africaine 

L’IFRI, think tank français de référence, rappelait dans une excellente infographie publiée lors de l’entre-deux-tour de l’élection présidentielle les principales ambitions du candidat Macron en matière de politique africaine : création d’un grand partenariat avec l’Afrique, plus grande mobilisation de financements à destination des PME, lutte contre la radicalisation religieuse, intensification de l’action climatique en coopération avec l’Afrique. L’Organisation Internationale de la Francophonie et la galaxie d’acteurs qui s’intéressent au sujet peuvent constituer un formidable levier d’action dans cette voie.
https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-169830-monsieur-le-president-il-nous-faut-reinvestir-la-francophonie-durgence-2085659.php

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