KINSHASA DIT NON AUX ENQUÊTEURS INDÉPENDANTS DE L’ONU DANS LE KASAÏ

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Le ministre Thambwe a annoncé, lundi 19 juin 2017 à Genève, que « Kinshasa refusera d’accueillir tout expert indépendant de l’Onu pour le Kasaï, sauf s’ils coopèrent avec les magistrats congolais », rapporte Anglo Congo.

Le ministre congolais de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba, a tenu un point de presse ce lundi à Genève (Suisse) où il séjourne. Au cours de sa conférence de presse « sélective », Thambwe Mwamba aurait déclaré la République démocratique du Congo (RDC) refusera toute enquête indépendante diligentée par les experts des Nations Unies sur les violences cruelles commises au dans l’espace Kasaï. A moins que ces derniers coopèrent avec les magistrats congolais.

Selon Anglo Congo qui livre cette information sur sa page facebook, « cette position ne va pas améliorer l’image de marque – déjà très détériorée – de la RDC devant les instances des Nations unies ».
Avant de dénoncer une éventuelle campagne que mèneraient les autorités de Kinshasa à Genève, contre une mission d’enquête internationale sur les violences dans la région du Kasaï.

Le Haut-commissaire aux droits de l’homme, Zeid Raad al-Hussein a demandé, la semaine passée, le lancement d’investigations internationales sur les violations des droits humains au Kasaï central et oriental. « Une résolution sur le sujet sera soumise au vote au Conseil des droits de l’homme jeudi ou vendredi », affirme Anglo Congo. La mise en place d’une mission d’enquête internationale d’un an poserait « problème » et « serait difficilement applicable », a assuré devant la presse le ministre de la Justice congolaise.

S’il accepte l’aide d’experts internationaux travaillant sous l’égide de magistrats congolais, le gouvernement refuse de donner les rênes des enquêtes en cours à des juges étrangers. Thambwe Mwamba a laissé entendre que la RDC refuserait d’accueillir les membres d’une telle mission. « Comment voulez-vous que des experts puissent aller dans un pays étranger sans passer par les autorités nationales? (…) Comment vont-ils avoir les visas? Comment vont-ils avoir accès aux provinces? », s’est-il interrogé.

Il en résulterait la mise sur pied, « comme par le passé dans d’autres pays, de commissions indépendantes qui se sont contentées d’aller dans les pays frontaliers et ont écouté des réfugiés ».

Les violences au Kasaï impliquent miliciens, soldats et policiers. Elles ont fait plus de 400 morts – dont deux enquêteurs de l’ONU tués en mars – et causé le déplacement de 1,3 million de personnes.

Quatre meurtriers arrêtés !

  1. Thambwe Mwamba a souligné la compétence de la justice congolaise et les avancées sur les enquêtes en cours. « Les quatre principaux meurtriers des deux experts de l’ONU ont été identifiés et arrêtés, a affirmé le ministre de la Justice. Leur procès a commencé le 5 juin. Les huit autres personnes apparaissant dans la vidéo des décapitations sont en fuite. Un autre procès, portant sur le massacre de civils par des militaires, suit son cours », a-t-il rassuré.

Cependant, Thambwe Mwamba n’a toutefois pas précisé quand les deux procédures seront terminées. Interrogé sur le sort du principal opposant Moïse Katumbi, le ministre de la Justice a indiqué qu’il pouvait rentrer en RDC quand il veut. Il devra toutefois se présenter à la justice.

Candidat à la prochaine présidentielle, M. Katumbi a été condamné à 3 ans de prison dans une affaire immobilière et doit encore comparaître dans un procès sécuritaire. Exilé à Bruxelles, il a porté plainte récemment, à Genève, contre les autorités congolaises auprès du Comité des droits de l’homme pour « acharnement continu ». Il a déjà remporté une petite victoire.

Dans une lettre datée du 13 juin, l’institution onusienne a sommé le gouvernement de RDC de l’autoriser à rentrer et d’assurer sa sécurité.

Instruction en Belgique

Le ministre de la Justice, lui, fait l’objet d’une instruction en Belgique dans un dossier qui remonte à sa période de rebelle du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), en 1998. Alors opposé à Laurent-Désiré Kabila, il avait annoncé que son mouvement avait fait exploser un Boeing en plein vol. Un avion qui accueillait des militaires kabilistes selon lui. Une version réfutée par le plaignant dans ce dossier qui explique que l’avion, décollant de Kindu (1200 km à l’est de Kinshasa) était occupé par cinquante civils.

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