Ilôt Gabriel : » L’accès à la mer, un droit inaliénable et imprescriptible « 

Partager cet Article

Auteur:

Mots-clefs:

Invité à commenter la controverse autour de l’accès à l’Ilot Gabriel, l’océanographe déclare : " Comme je l’ai déjà fait ressortir lorsque je me suis opposé à l’Aquatic Business Activities Bill (qui était une tentative de l’Etat de s’accaparer et d’aliéner la mer afin de la rendre privée), la mer fait partie du domaine public selon l’article 538 du Code Civil. En tant que tel, l’accès à la mer est un droit inaliénable et imprescriptible, ce qui veut dire que personne ne peut dire que la mer lui appartient, et personne ne peut en prescrire le moindre mètre carré. La mer appartient à tout le monde, au public, à vous et à moi, à nos enfants et non à l’Etat qui ne peut en disposer ou la vendre. "

Selon lui, la limite haute du domaine public est le High Water Mark (ou limite des hautes eaux) qui est défini comme le niveau atteint par la mer pendant les marées d’équinoxe. " Nul n’a le droit d’obstruer le passage ou d’empêcher qui que ce soit de circuler dans le domaine public, donc dans cette zone située en dessous de cette ligne de High Water Mark ", dit-il. Il souligne que c’est la raison pour laquelle à Maurice aucun promoteur, ni l’Etat n’ont le droit d’empêcher quiconque de circuler ou de s’installer sur une plage, même devant les hôtels ou les campements et que personne n’a le droit de construire des structures pouvant constituer une obstruction au passage ou à la navigation dans le domaine public. Ce fait est confirmé par les baux qui sont signés par l’Etat pour les State Lands (y compris le bail pour l’Ilot Gabriel) ou la limite du site loué est constituée par cette ligne de High Water Mark. " Personne ne peut empêcher ou demander une rémunération à une personne pour autoriser un touriste ou un Mauricien, de débarquer, de circuler ou de s’allonger sur la plage en dessous de la ligne de High Water Mark. " " Le cas de l’Ilot Gabriel, poursuit-il, vient renforcer notre conviction profonde que le droit et la liberté du public sur la mer et les plages doivent être préservés à tout prix, sans aucune exception. Il est du devoir du public mauricien de se battre pour conserver cette liberté ; nous ne devons sous aucun prétexte porter flanc à des projets de loi qui représentent un danger pour la liberté du public sur toute la mer comme l’Aquatic Business Activities Bill, que ce soit a Maurice, à 12 km des côtes mauriciennes sur l’Ilot Gabriel, à Saint Brandon ou ailleurs. Car une fois qu’une exception est faite, une porte sera ouverte ", affirme l’expert.

Protection

Vassen Kauppaymuthoo est d’avis qu’en ce qui concerne le domaine public, le gouvernement a le devoir de travailler dans l’intérêt public et de protéger le droit d’accès et la circulation du public dans cette zone et d’empêcher toute obstruction. Il estime que le Commissaire de Police devrait intervenir afin de s’assurer que le public à libre accès au lagon et sur les plages en dessous de la ligne de High Water Mark. " J’ai lu dans certains journaux que certaines personnes ont été refoulées alors qu’elles débarquaient sur la plage et qu’on leur a demandé de payer. Je pense qu’il est plus que nécessaire de rétablir le droit du public sur le domaine public et de mettre définitivement au panier toute tentative de privatiser ou d’en restreindre l’accès à travers des projets de loi ou des règlements. Après tout, nous sommes tous, membres du public, les héritiers de cette liberté et de ce droit. Il est de notre devoir à tous de le faire valoir, de le protéger et ainsi de le léguer intact à nos enfants. "

Le scientifique rappelle que l’Ilot Gabriel fait partie des terrains appartenant à l’Etat. Le fait de l’avoir déclarée comme réserve indique qu’elle possède une richesse au niveau de la biodiversité.

Le rendez-vous dimanche est prévu pour 9 h en face du Sunset Café à Grand-Baie. Le retour est prévu pour 16 h. " Nous voulons que les Mauriciens bénéficient pleinement de cette sortie, qui est gratuite. Nous lançons un appel pour qu’ils ne se débarrassent pas de leurs déchets sur l’îlot ", dit un des organisateurs.

Kendy Mangra

Pays:

Pas de commentaires