Liban : Le général Enan, successeur consensuel de Moubarak ?

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 PORTRAIT Le chef d’état-major réussit l’exploit d’être aussi bien apprécié des États-Unis que des Frères musulmans.

L’avenir de l’Égypte repose en partie sur les épaules du chef d’état-major de son armée. Cet ancien officier de l’armée de l’air se trouvait à Washington lorsque les manifestations ont éclaté le 25 janvier. Il a écourté son voyage et, peu après son retour, l’armée égyptienne a déclaré aux manifestants que leur message avait été entendu, qu’il était « légitime » mais qu’ils devaient désormais quitter la rue. Le général a jusqu’à présent refusé d’employer la force contre les manifestants. Formé dans l’ancienne Union soviétique, passé par l’École de guerre en France ainsi qu’à la Haute Académie militaire Nasser en Égypte, le général Enan paraît destiné à jouer un rôle de premier plan dans son pays.
Sami Enan est peu connu à l’étranger et sa biographie officielle sur le site Internet de l’armée ne comporte que quelques éléments succincts. Il a suivi le parcours classique d’un officier au sein de l’armée de l’air, commandant les unités de défense antiaériennes avant d’être promu en 2005 à la tête de l’état-major. Pour sa seule mission à l’étranger, il a occupé le poste d’attaché militaire au Maroc de 1990 à 1992.
Depuis le renversement de la monarchie par un coup d’État militaire en 1952, les quatre présidents égyptiens ont tous été issus des rangs de l’armée. Hosni Moubarak était le chef de l’armée de l’air lorsque Anouar Sadate l’a promu au rang de vice-président en 1975. L’assassinat du chef de l’État l’a ensuite brusquement porté à la tête du pays en 1981.
Le chef d’état-major de l’armée américaine, l’amiral Mike Mullen, affirme que son homologue égyptien l’a assuré lors d’une conversation privée de l’attachement de l’armée à la stabilité de l’Égypte. « Il m’a garanti qu’ils étaient particulièrement attentifs à cet aspect-là. » « Jusqu’à présent, l’armée égyptienne s’est comportée de manière exceptionnelle », a-t-il ajouté.
Quasiment en même temps, un représentant en exil des Frères musulmans a jugé que Sami Enan ferait un successeur acceptable de Hosni Moubarak en raison de sa réputation d’intégrité. « Il peut être le futur homme de l’Égypte », a déclaré à Reuters Kamel el-Helbaoui, un dignitaire religieux de la confrérie islamiste, désormais conviée à la table des négociations avec le gouvernement après avoir été réprimée pendant des décennies. « Je pense qu’il sera acceptable (…) parce qu’il jouit d’une bonne réputation », a ajouté Kamel el-Helbaoui.
De source proche des services de sécurité israéliens, on affirme que Sami Enan est perçu comme un officier professionnel, sans attache politique, peu charismatique, mais compétent et inspirant confiance aux États-Unis. Contrairement à Omar Souleimane, chef du renseignement promu au rang de vice-président durant la crise, Sami Enan n’a jamais traité publiquement avec Israël, ce qui pourrait le rendre plus acceptable aux yeux des Égyptiens.

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