Liban : Berry prend le contrepied de Aoun et du Hezbollah

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 Le président de la Chambre, Nabih Berry, s’est clairement – quoique implicitement – positionné hier en faveur d’un gouvernement au sein duquel les composantes du 8 Mars proprement dit ne disposeraient pas des deux tiers à elles seules, prenant ainsi le contrepied de l’attitude exprimée par le général Michel Aoun et soutenue jusqu’ici par le Hezbollah.
« Ce qui se passe est plus que regrettable. C’est douloureux », a déclaré M. Berry devant ses visiteurs lors des rencontres du mercredi au siège du Parlement. « On traite avec le dossier gouvernemental comme s’il y avait des fronts dressés les uns contre les autres, 8 Mars d’un côté, centristes d’un autre, Front de lutte nationale (le bloc de Walid Joumblatt) d’un troisième », a-t-il ajouté.
« En réalité, le Bloc du développement et de la réforme (que M. Berry préside) ne fait plus partie du 8 Mars, car à mes yeux, il n’y a plus de 8 Mars depuis que Walid Joumblatt nous a rejoints », a-t-il dit.
« Nous sommes à présent tous réunis au sein d’une coalition de front national regroupant des blocs parlementaires et des courants extraparlementaires, des personnalités de la Chambre et d’au-delà qui croient toutes en l’unité du Liban, son arabité, son développement et sa libération », a conclu M. Berry.
Ces propos apportent de l’eau au moulin du Premier ministre désigné, Nagib Mikati, qui tente de former un gouvernement dans lequel le trio formé par lui-même, le président de la République, Michel Sleiman, et M. Joumblatt détiendrait pour le moins le tiers de blocage, empêchant ainsi le 8 Mars d’être le maître absolu du pouvoir exécutif.
Sur un autre plan, M. Berry a soutenu que « la politique suivie au sujet de la Côte d’Ivoire s’est caractérisée par un degré élevé de responsabilité ».
« La plus grande preuve en est l’absence jusqu’ici de pertes humaines parmi les Libanais », a-t-il ajouté. « Pour ce qui est des pertes matérielles, c’est hélas l’impôt que doit toujours payer l’émigré libanais et, en tout état de cause, tout le monde y a passé, tant les Libanais que les autres étrangers et les Ivoiriens », a-t-il dit.
« Ce que je souhaite, c’est que tout le monde traite avec cette question d’une manière qui aille au-delà des sensibilités intérieures, surtout ceux qui ne connaissent pas les réalités de chaque continent, voire de chaque pays », a lancé M. Berry.
Des critiques sévères avaient été adressées au ministère des Affaires étrangères, dont le titulaire sortant, Ali Chami, est un proche de M. Berry, pour la gestion de la question ivoirienne, notamment le soutien diplomatique accordé au président sortant Laurent Gbagbo, alors même que la communauté internationale soutenait son rival, Alassane Ouattara.

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