Liban : Gemayel propose un cabinet de salut sur la base du « non-alignement »

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L’ancien président de la République Amine Gemayel a préconisé hier la formation d’un gouvernement de salut qui proclamerait le principe du « non-alignement » du Liban à l’égard des axes dans la région et qui serait ouvert à une participation élargie.
« La région passe par une phase dramatique dont de nombreux observateurs ont pris conscience de la gravité. Seuls les Libanais semblent ignorer cette gravité », a déclaré M. Gemayel au site nowlebanon.com.
« Le vide que l’on voit sur la scène libanaise est effroyable. Il dénote de l’absence d’un sens des responsabilités, d’une gestion des affaires de l’État et d’une politique assurant au Liban les moyens de faire face à la réalité qu’il vit sur le double plan intérieur et régional », a-t-il ajouté. « Cette situation est une source de grande inquiétude pour le Liban. Il n’est plus permis de laisser les choses telles quelles », a-t-il poursuivi.
« Le Liban n’est pas un îlot isolé. Les révolutions dans le monde arabe y auront des répercussions, car il est un laboratoire d’idées et d’expériences en relation avec les systèmes politiques, et cela fait qu’il n’est nullement protégé face à ces développements », a observé M. Gemayel.
« Les responsables libanais se doivent de prendre des mesures de sauvetage rapides consolidant la position du pays au milieu des axes et conflits entre les régimes dans la région. Il est devenu très urgent de proclamer le non-alignement du Liban à l’égard de tel ou tel axe, afin qu’il reste à l’écart des conflits qui ne le concernent pas et qui sont plus grands que lui. Si nous entraînons le Liban dans ces conflits entre géants sur la scène moyen-orientale, nous serons écrasés », a-t-il dit.
« Si le mot neutralité dérange certains, adoptons pour le moins le terme de non-alignement comme doctrine nationale servant les intérêts de toutes les parties, de tous les contraires, y compris le Hezbollah. Le réalisme commande une telle doctrine », a-t-il poursuivi. Selon lui, « le prochain gouvernement doit être formé sur cette base ».
Rappelant que des gouvernements ayant une même approche avaient été formés sous son mandat, celui de Sleimane Frangié et celui de Fouad Chéhab, il a estimé que « toute approche différente serait très dangereuse. Tout cabinet monochrome ne pourra pas survivre et il faudra certainement revenir à un gouvernement de salut ».
Appelant à ne pas prendre à la légère le rôle du président de la République, il a souligné que ce dernier, en coopération avec le président de la Chambre, le Premier ministre sortant, le Premier ministre désigné et les leaderships influents, « devrait proposer une solution mettant tout le monde face aux réalités et exposant les périls qui guettent la nation, l’entité et le système ».
« La nouvelle majorité est dans l’impasse. Ce que je propose est une occasion de salut pour tous les Libanais, dans la majorité comme dans la minorité. C’est mon point de vue personnel et cela ne fait pas l’unanimité ni dans notre camp politique ni dans le camp adverse. Mais étant donné l’évolution rapide et dramatique des choses depuis la chute du gouvernement, on ne peut pas rester prisonnier de positions rigides », a souligné M. Gemayel.
« Il faut que les Libanais dialoguent entre eux au lieu de se livrer à des duels verbaux quotidiens. Peut-être que d’autres solutions pourraient être envisagées. Mais nul n’a le droit de rejeter une solution s’il n’a pas d’alternative convaincante », a-t-il conclu.

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