Canada: Le français gagne du terrain dans le monde

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mercredi 5 novembre 2014
Le Devoir (Média : Canada/Québec)
Le français progresse dans le monde et il remporte même des succès réels sur Internet et en Afrique, où se trouve déjà la majorité de ses locuteurs, constate une grande enquête réalisée pour le compte de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Divulguée mercredi matin à Paris, la mise à jour de cette grande enquête réalisée périodiquement par l’Observatoire de la langue française dresse un portrait relativement optimiste de la progression du français dans le monde malgré plusieurs zones d’ombre évidentes.
Les auteurs de « La langue française dans le monde 2014 » estiment que le nombre de francophones a progressé de 7 % depuis la dernière édition de cette publication en 2010, ce qui ferait 13 millions de locuteurs en plus. Le français est toujours la cinquième langue la plus parlée au monde avec 274 millions de locuteurs, dont 212 millions qui l’utilisent quotidiennement. Elle se situe derrière le mandarin, l’anglais, l’espagnol et, selon les estimations, l’arabe ou l’hindi. L’étude dirigée par Alexandre Wolff nous apprend aussi que le français est la quatrième langue sur Internet, la troisième des affaires et la deuxième en ce qui concerne l’information internationale dans les médias.
C’est toujours en Afrique que la progression est la plus forte, avec une augmentation du nombre de locuteurs de 15 % en Afrique subsaharienne qui atteint même 30 % au Sénégal. Les auteurs prédisent qu’à long terme, la population des pays ayant le français comme langue officielle (mais pas nécessairement maternelle) dépassera celle de pays ayant comme langue officielle l’allemand, le portugais, l’espagnol et même l’arabe.
Sur Internet
Cette progression se manifeste aussi sur Internet, où les francophones sont au quatrième rang pour le nombre d’internautes. Le français aussi la troisième langue la plus utilisée dans les blogues, la sixième pour le nombre de pages Web et pratiquement la quatrième pour les contenus, les logiciels de communication et sur les réseaux sociaux.
Ceux qui étudient le français comme langue étrangère ont aussi progressé de 6 % dans le monde depuis 2010. Cette progression atteindrait même 43 % en Asie et en Océanie. C’est en Amérique que la progression est la plus faible (2 %) et en Europe où elle est négative, même si le français y demeure la deuxième langue seconde la plus enseignée au primaire et au début du secondaire. Elle est ensuite devancée par l’allemand.
Les chercheurs rappellent que la France est toujours la troisième destination des étudiants qui vont étudier à l’étranger, après les États-Unis et le Royaume-Uni. Parmi les 300 000 étudiants qu’elle accueille, les principaux contingents proviennent du Maghreb, de Chine, d’Afrique subsaharienne et d’Europe.
Unilinguisme anglais
Mais ces chiffres en croissance font difficilement oublier les zones d’ombre. L’étude rappelle que, selon l’UNESCO, en Afrique subsaharienne, où les perspectives d’extension du français sont les plus grandes, il faudra recruter 900 000 nouveaux enseignants d’ici 2015. D’ici 2030, c’est plus de 2 millions d’enseignants qu’il faudra trouver afin d’assurer cette progression. Voilà qui pourrait rendre très aléatoires les prévisions selon lesquelles il y aurait 750 millions de francophones à l’horizon de 2050.
Revue de presse quotidienne et à usage interne produite par la Direction de la Communication et des Partenariats.
Contact : Raphael Moreau – raphael.moreau@francophonie.org
Ce document a été créé via Scoop, un logiciel de CEDROM-SNI
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L’autre grand trou noir est représenté par la mainmise de plus en plus grande de l’anglais sur les organisations internationales. L’étude souligne combien cet unilinguisme envahissant compromet la participation véritable des non-anglophones et ouvre la porte à la médiocrité. Alors que l’on traduit de moins en moins, les organisations internationales se retrouvent dans l’obligation, dit l’étude, de faire de plus en plus de révision linguistique afin de redonner du sens à des textes flous, ambigus et produits dans un anglais souvent bancal.
L’étude constate enfin que les québécismes, les belgicismes et les africanismes les plus divers ont de plus en plus droit de cité dans les grands dictionnaires de la langue française, comme le Robert, le Larousse et même le dictionnaire de l’Académie française qui est passé de 50 000 à 60 000 mots en 50 ans.
Christian Rioux

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