Crainte de la maladie d’Ebola au Nigeria

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Les premières lignes de front de la maladie à virus Ebola (EVD) qui ravage certaines régions de l’Afrique de l’Ouest peuvent être loin de Lagos, mais la peur de la maladie mortelle est palpable au siège de la CEDEAO, qui accueille les réunions préparatoires au Sommet de la CEDEAO prévu pour lundi dans la capitale nigériane, Abuja. Le bloc de 15 membres est l’organe principal dans la guerre contre le virus intrépide qui a fait plus de 6500 morts, principalement dans trois de ses Etats membres (Guinée, Liberia et Sierra Leone), ne s’occupant pas des accusations qu’il a réagi tard contre l’épidémie.

Il n’a pas non plus été épargné des décès qui ont labellisé la pandémie, du fait qu’il a perdu au moins un membre de son personnel suite à la maladie qui s’est répandue au Nigeria quand un infecté libérien venant pour un événement de la CEDEAO y a introduit le virus.

Au moment où il est discutable si oui ou non les efforts de l’organisation ont été assez conséquents dans la lutte contre le virus, ce qui est incontestable est le fait que la Communauté économique régionale la plus dynamique de l’Afrique a pris des mesures pour protéger le siège situé dans l’une des meilleures parties de Abuja, contre Ebola.

Lors des réunions préparatoires, les mesures prises contre la maladie sont omniprésentes et rappellent régulièrement à tous que le virus Ebola est réel.

En plus de la vérification de sécurité renforcée à l’entrée des lieux de réunion, de grands récipients en plastique équipés de robinets intiment à tout un chacun de se laver les mains avec un peu de désinfectant, de se sécher les mains avant même d’aller au point d’entrée.

Là, des infirmières intelligemment habillées en uniformes blancs immaculés pointent leurs thermomètres infrarouges semblables à une arme à feu en direction de votre front.

La vérification terminée, le prochain obstacle est le contrôle de sécurité où chacun est amené à passer à travers un détecteur de métal; une main automatique distributrice de désinfectant, une obligation pour tous, est la dernière phase des mesures de sécurité et de dépistage.

La PANA a appris de sources proches du ministère des Affaires étrangères que les mesures ont été mises en place après que le Nigeria a exigé des mesures améliorées anti-Ebola comme condition pour accueillir les réunions.

‘Ces mesures peuvent être gênantes, mais c’est un sacrifice nécessaire pour maintenir ce lieu sans Ebola’, a déclaré l’une des infirmières. ‘Si vous sortez cinq fois, cinq fois vous devez passer par tout ce processus’.

Parler de sacrifice, personne ne sait la signification de ce mot plus que les délégués aux réunions des trois Etats de première ligne de front, qui avaient dû entreprendre un voyage tortueux pour rallier Abuja.

Cela parce que de nombreuses compagnies aériennes, y compris celles des autres Etats membres de la CEDEAO, ont suspendu leurs vols vers les pays touchés, une marginalisation qui a affecté négativement les efforts pour mettre fin à la pandémie, selon les analystes.

‘Il m’a fallu 48 heures pour me rendre de la Sierra Leone au Nigeria, une distance qui devrait prendre moins de trois heures de vol direct’, a appris à la PANA auprès d’un haut fonctionnaire du gouvernement sierra-léonais.

Une journaliste libérienne venue pour la réunion, a appris à la PANA qu’elle a voyagé à bord de Royal Air Maroc, compagnie nationale du Maroc, de Freetown à Casablanca, avant de prendre la  connexion vers Lagos, puis Abuja.

‘J’ai quitté Monrovia dimanche (7 décembre), mais n’ai pu arriver à Abuja que mardi (9 décembre). Cela a été un voyage’, a-t-elle déclaré, se demandant pourquoi les compagnies aériennes d’Afrique occidentale fuiraient les pays touchés lorsque l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’a pas déclaré une interdiction de voyage pour cause d’Ébola.

La PANA rapporte que le développement n’est pas perdu sur la CEDEAO, du fait que le Conseil des ministres qui s’est réuni ici du 9 au 11 décembre a recommandé que les dirigeants qui doivent se réunir lundi, devraient s’assurer que la CEDEAO prenne des mesures pertinentes pour aider à lever les restrictions de vol sur les pays les plus touchés.

Peut-être que pour apaiser les nerfs de ceux qui ont voyagé pendant deux jours pour assister aux réunions et ceux qui ont eu à subir le processus tortueux de l’accès aux lieux de réunion, la présidente du Conseil, Hannan Serwaa Tetteh, a prononcé quelques mots d’espoir.

‘ Il y a des indications que le vent commence à tourner contre la maladie’, a déclaré Tetteh, la ministre affable et patronne des Affaires étrangères du Ghana, au moment où le Conseil mettait fin à ses délibérations.

Par Segun Adeyemi, Correspondant de la PANA

Pana 14/12/2014

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