Dix mille enfants soldats en Centrafrique, selon l’ONG Save the Children

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Jusqu’à 10 000 enfants soldats ont été recrutés par les milices en République centrafricaine, malgré la présence des forces des Nations unies, affirme jeudi 18 décembre l’ONG Save the Children. Et depuis le début de la crise, en décembre 2012, « le nombre de garçons et filles de moins de 18 ans recrutés par des groupes armés a été multiplié par quatre », dénonce l’association.

Certains de ces enfants ont été enlevés ou contraints de rejoindre les groupes armés, d’autres ont accepté d’être enrôlés contre de l’argent et une protection, parfois simplement pour être nourris et vêtus. Une partie encore de ces enfants, dont certains ont à peine huit ans, a été incitée à prendre les armes par des proches, pour protéger leur communauté ou venger les leurs, relate Save the Children.

« Nombre de ces enfants ont vécu des choses qu’aucun adulte ne devrait voir, constate un représentant de Save the Children dans un communiqué. Et, même s’ils quittent leur groupe armé ou sont libérés, ces enfants risqueront d’être rejetés par leur communauté. » Cette crainte de stigmatisation des anciens enfants soldats est au cœur des préoccupations des ONG dans des cas pareils, comme au Soudan du Sud en janvier dernier, ou au Mali, qui a fait son entrée en 2013 sur la « list of shame » (« la liste de la honte ») des Nations unies des pays où les enfants sont utilisés comme soldats.

PLUS DE 850 000 DÉPLACÉS

Depuis la prise du pouvoir, en mars 2013, par la coalition rebelle Séléka – chassée à son tour en janvier 2014 – la République centrafricaine a sombré dans une crise sécuritaire et politique sans précédent, et les affrontements ont fait plus de 3 000 morts dans le pays depuis décembre 2012.

Des mois de violences intercommunautaires et d’affrontements entre groupes armés ont achevé de ruiner le pays, déjà rongé par des années d’incurie et des troubles à répétition, et contraint les civils musulmans de fuir des régions entières. Plus de 850 000 personnes, près d’un cinquième de la population, ont été déplacées par les violences, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Ces troubles et la déliquescence de l’Etat centrafricain ont permis à des bandes armées de prospérer dans nombre de régions, où elles rançonnent et volent la population, mais aussi les organisations humanitaires.

Lire l’éclairage, publié en 2013, pour comprendre le conflit en République centrafricaine

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