2015 : Année de tous les espoirs pour le Mali

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Notre pays a connu, ces deux dernières années, les pires moments de sa jeune existence, avec notamment l’occupation du nord par les djihadistes pendant plusieurs mois.

Nul ne peut dire combien nos compatriotes du septentrion ont souffert, encore moins quelles séquelles psychologiques résulteront des dures épreuves faites de menaces quotidiennes, de tortures physiques et morales et d’assassinats qu’ils ont dû subir de la part de fous furieux.

Certes une paix relative s’est installée dans le nord du pays grâce à la force Serval, dépêchée par François Hollande, et les forces armées tchadiennes, notamment.

Cependant la menace djihadiste, la menace terroriste, persiste toujours, même si les attaques à la roquette sur la ville de Gao ont cessé grâce aux forces Barkhane, tchadiennes et la Minusma.

Ce qui préoccupe les Maliens aujourd’hui, c’est la perspective de la paix avec les rebelles touaregs à cause des difficultés et surtout les pièges posés quotidiennement lors des quatre premières rencontres à Alger. Le flou entretenu par le gouvernement autour des compromis possibles inquiète plus d’un Malien, d’autant plus que les tentatives de communication gouvernementale n’ont guère rassuré, au contraire.

Tout le Mali espère que la paix sera signée, pas plus tard qu’en janvier 2015, sans que l’intégrité territoriale du pays en soit affectée, les questions de la laïcité et de la forme républicaine étant, en principe, évacuées.

On espère également que le président de la république et le gouvernement du premier ministre Moussa Mara se ressaisiront après une année 2014 catastrophique où le pays a été la risée du monde à cause de pratiques budgétaires douteuses autour d’un avion et de l’achat de matériels militaires et de la débâcle du 21 mai.

L’année 2015 devrait réconcilier les Malien avec un président qui semble avoir jeté le doute dans le cœur des millions de personnes qui avaient placé – démesurément peut-être, tout leur espoir dans un homme dont ils ont sans doute surestimé les capacités à trouver les solutions immédiates aux multiples problèmes du pays.

IBK devrait donc se ressaisir en privilégiant le dialogue avec l’opposition et la société civile, pratique qui réussit toujours dans notre pays.

Après le rapport de la Fondation Friedrich Ebert sur la corruption au Mali, rapport qui met en première ligne la justice et la police, les maliens attendent d’IBK des mesures fermes car l’année 2014 n’a même pas montré une ébauche de solution de la question de la corruption.

Pire, l’entourage immédiat du président est soupçonné, à tort ou à raison, d’entretenir cette corruption insidieuse et pernicieuse. Dans cette grisaille est une zone de lumière : la lutte contre Ébola. Malgré des débuts calamiteux, le gouvernement a su gérer la fièvre hémorragique qui semble avoir été contenue.

La descente sur le terrain du président et de son premier ministre ont sans doute réconforté les équipes sanitaires avec à leur tête le ministre de la santé qu’on aura vu sur tous les fronts. On le voit, les Maliens ont le droit d’espérer.

La pratique du pouvoir par un gouvernement dont la plupart des ministres sont à leur première expérience n’est jamais chose simple. Après une année, l’on peut légitimement espérer que les uns et les autres trouvent leurs marques. On peut donc se souhaiter BONNE ANNÉE 2015 !

Ousmane THIÉNY KONATÉ

© maliactu.net

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