Côte d’Ivoire / Sortie de crise: Soro se prononce sur les sujets brûlants

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Comme il fallait s’y attendre, Guillaume Soro a saisi l’occasion du discours qu’il a prononcé à Bouaké, à la faveur du 44è anniversaire de la fête nationale pour réagir sur chacun des points saillants de l’actualité de ces derniers temps. L’accord d’Accra III, le désarmement, le prochain Conseil des ministres, les charniers de Korhogo…sont des éléments de ce message que le leader des Forces a dit inscrire dans “ la mouvance et le processus de paix.

Sur l’Accord d’Accra III

“ …Nous, Forces nouvelles sommes d’accord avec notre signature apposée au bas de l’accord d’Accra III. Et je dis ici solennellement que nous allons respecter les engagements pris à Accra 3. Mais, en même temps, il faut que j’invite toutes les populations à aider les uns et les autres, à encourager les gens à respecter leur engagement. Vous avez constaté depuis notre retour d’Accra. C’est en connaissance de cause. Nous avons évité de faire des déclarations…parce qu’en politique, il ne s’agit pas de se laisser aller à un triomphalisme béat. J’ai dis qu’Accra III n’est pas la victoire des Forces nouvelles. Accra III, c’est la victoire de la paix, c’est la victoire de tous les Ivoiriens. Il ne faut pas que nous aussi, on cultive l’intolérance. Nous nous battons déjà contre l’intolérance…C’est pourquoi, aujourd’hui, à l’occasion de cette fête solennelle, je voudrais qu’ensemble nous tendions la main vers tous les autres et leur dire que nous sommes sincères dans notre volonté de faire la paix.

Sur le désarmement

“…Je voudrais dire à nos combattants et à la population de ne pas être angoissés quand on parle de désarmement. Comme nous l’avons toujours dit, nous, au sein des Forces nouvelles, nous avons l’habitude de respecter nos engagements. A Marcoussis déjà, nous avions signé le désarmement. Parce que de toute façon notre objectif n’est pas d’avoir les armes. Nous avons pris les armes pour des raisons bien précises. Si ces raisons qui ont motivé la prise des armes se trouvent résolues, il n’y a pas de raison que nous ne déposions pas les armes…Nous sommes d’accord pour le désarmement si la guerre est finie. C’est pourquoi nous avons dit aux Chefs d’Etat qu’il fallait s’interroger si la guerre était finie. Est-ce qu’en Côte d’Ivoire la guerre est finie ? Est-ce que quelqu’un peut donner l’assurance que la guerre est finie ?
Pour nous Forces nouvelles, on a toujours affirmé sans ambages que pour nous la guerre est finie parce que nous avons signé des accords de paix. Mais est-ce que de l’autre côté la guerre est finie ? C’est ça la question… ”

Sur le prochain Conseil des ministres

“ …Les Forces nouvelles s’étant réunies, à l’instar de toutes les autres forces politiques réunies au sein du G7, nous avons demandé aux ministres des Forces nouvelles de répondre favorablement à la convocation du prochain Conseil des ministres, de retourner à ces Conseils et de défendre la cause du peuple ivoirien, de défendre la cause de la paix. Et je pense que si tous les partis politiques font cette démarche à l’endroit de leurs militants pour les sensibiliser à la paix, pour les sensibiliser à accepter de donner un cadeau royal aux populations, je pense que ce sera un acte majeur dans la vie politique de notre pays.”

Sur les Charniers de Korhogo

“ …nous avons connu des moments difficiles par rapport aux problèmes de sécurité que nous avons eus à vivre à Bouaké et à Korhogo. Ces deux derniers jours, vous avez suivi sur le plan international le lynchage médiatique qui a été organisé. Mais, voyez-vous, au niveau des Forces nouvelles nous sommes sages. Nous avons décidé de ne pas tomber dans la précipitation et l’improvisation. Nous avons refusé de nous prononcer sur des événements alors que nous n’avions pas le contenu d’un rapport d’une mission de l’ONUCI qui établissait…la présence de charniers à Korhogo. Nous avons demandé au secrétaire général adjoint, M. Dakoury de rencontrer, lors de son séjour à Abidjan, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU, M. Albert Téovodjré. Afin que ce dernier nous donne une copie du rapport. Devant Téovodjré, les membres de la Commission d’enquête ont pris la parole pour dire que dans leur communiqué, ils n’avaient pas accusé les Forces nouvelles et qu’ils n’avaient pas encore situé les responsabilités. Ils ont promis qu’ils allaient faire un communiqué de rectification. Jusqu’à présent nous…attendons le communiqué qui va situer les responsabilités…Mais en même temps, la remarque que je voulais faire, c’est que depuis le début de cette crise, les Forces nouvelles ont mis au centre de leur préoccupation la question des droits de l’homme. Nous n’avons pas encore changé. La dignité humaine, la dignité de la personne continue de demeurer au centre et au cœur de nos préoccupations…

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