Rapport 2014/2015 sur les droits Humains au Sénégal : Amnesty International note des actes concrets, malgré des cas de violation

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Thursday, 26 February 2015 12:52

Written by Maurice

Sur la situation de 2013, le Sénégal a fait des pas en avant dans la préservation des droits de l’homme et la lutte contre l’impunité. Toutefois, il y a encore du chemin à faire. Les violations persistent toujours dans certains domaines. C’est ce qu’a révélé le rapport annuel 2014/2015 d’Amnesty international sorti hier.
« La situation des droits humains au Sénégal a connu peu d’avancées par rapport à celle que nous avions présentée devant la presse le 28 mai 2013. Les mêmes types de violation des droits humains persistent malgré les actions de sensibilisation entreprises par Amnesty International et l’Observatoire national des lieux de privation de liberté en direction des forces de sécurité au cours des deux dernières années », a relevé, hier, Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty Sénégal.

Il présentait la partie du rapport annuel d’Amnesty international qui concerne le Sénégal, la Gambie et l’Asie. M. Gassama précise toutefois que le Sénégal a posé des actes concrets pour préserver les droits humains. Il cite les efforts consentis en vue d’améliorer les conditions des détenus avec la construction prochaine d’une prison de 1.500 places et d’une Ecole nationale de l’administration pénitentiaire à Sébikotane près de Dakar, la réforme judiciaire créant des chambres criminelles permanentes auprès des Cours d’appel pour remplacer les cours d’assises qui permettra de réduire les cas de longues détentions préventives, la volonté de trouver une solution à la mendicité des enfants talibés marquée par le projet de loi portant statut des « daaras ». Il en est de même, selon Seydi Gassama, du projet de Code minier qui, dit-il, constitue une avancée dans la protection des droits humains des communautés affectées par l’exploitation minière même si le texte doit encore être amélioré avant d’être soumis à l’Assemblée nationale.
« L’Etat du Sénégal est l’un des tout premiers à ratifier le Traité sur le commerce des armes dont la mise en œuvre par l’ensemble des Etats du monde permettra de mettre fin à la souffrance humaine causée par les conflits armés », s’est félicité M. Gassama.
Pour le directeur exécutif d’Amnesty Sénégal, en matière de santé, la Couverture maladie universelle permettra, à terme, l’accès aux soins de santé aux populations les plus démunies. « Au cours des deux dernières années, des procès sur la mort d’Ousseynou Seck, décédé dans les locaux de la police en 2012, celle de Kécouta Sidibé, mort lors d’une arrestation par des gendarmes à Kédougou en 2012, et sur celle de Dominique Loppy, mort dans les locaux du commissariat de police de Kolda en 2007, ont eu lieu. Dans les trois cas, des agents ont été condamnés à des peines de prison. Une indemnité a été versée aux familles d’Ousseynou Seck et de Kécouta Sidibé», a laissé entendre Seydi Gassama. Il ajoute que ces procès montrent la volonté des autorités judiciaires de lutter contre l’impunité. « C’est la première fois  qu’on entend un président de la République dire qu’il ne protègera personne. Je ne dirai pas que le ministre de la Justice a les coudées franches, mais il fait de son mieux pour lutter contre les violations des droits de l’homme », a déclaré le directeur exécutif d’Amnesty Sénégal.

 

Cas de violation des droits
Malgré tous ces efforts, souligne Seydi Gassama, les violations des droits de l’homme persistent au Sénégal. Il note le recours excessif à la force par les membres des forces de défense et de sécurité. « En décembre 2013, la police a fait usage de balles réelles contre des élèves qui manifestaient pour réclamer des professeurs à Djirédji en Casamance. Un mois plus tard, en janvier 2014, des militaires basés à Oulampane, près de Bignona, ont fait usage de balles réelles pour disperser des élèves qui occupaient la route nationale pour réclamer des professeurs, blessant ainsi quatre élèves. Les résultats des enquêtes promises par l’armée et la police ainsi que le ministre de la Justice sur ces deux incidents ne sont pas connus », a déploré Seydi Gassama. Aussi, ajoute-t-il, en 2013, des membres des forces de défense et de sécurité ont été mis en cause dans la mort d’Ibrahima Samb à Mbacké, de Bambo Danfakha à Dyabougou dans le département de Bakel, d’Antoine Robert Sambou à Pointe Saint-Georges en Casamance et de Cheikh Maleyni Sané à la prison de Reubeuss à Dakar. « Des enquêtes diligentées ont abouti à l’arrestation des agents mis en cause dans les décès d’Ibrahima Samb et d’Antoine Robert Sambou. Des agents de l’administration pénitentiaire ont été arrêtés et remis en liberté dans le cadre de l’enquête sur la mort de Cheikh Maleyni Sané. Les résultats de l’enquête sur la mort de Bambo Danfakha ne sont pas connus », a regretté M. Gassama. Amnesty International est également préoccupée par les décès de militaires et de sapeurs-pompiers survenus pendant les exercices de formation. C’est le cas de Chérif Adjouma Ndao, décédé lors d’une formation à Thiès en 2014, d’Oumar Ndiaye à Dakar Bango en 2014 et du policier Mamadou Ndiaye à Thiès en 2013.

Atteinte à la liberté de réunion et de manifestation

Le rapport annuel d’Amnesty international révèle que malgré les engagements pris devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies lors de l’Examen périodique universel en mars 2014, l’Etat du Sénégal continue de violer la liberté d’expression, notamment la liberté de rassemblement et de manifestation pacifique proclamée par la constitution du pays et plusieurs traités régionaux et internationaux de droits humains dont il est partie. Pour Seydi Gassama, le gouvernement a interdit en 2013 et 2014 plusieurs manifestations initiées par des partis politiques, des syndicats et des groupes de la société civile à Dakar et dans les régions. Certaines manifestations ont été violemment réprimées par la police et des manifestants ont été arrêtés et traduits en justice. « Les interdictions non fondées de manifestations constituent la principale cause de troubles à l’ordre public au Sénégal ; les manifestations autorisées se déroulent, en général, de façon pacifique », pense Seydi Gassama.

Ndiol Maka SECK

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