Pourquoi les shebab s’en prennent-ils au Kenya? (ANALYSE)

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Les shebab, un groupe extrémiste somalien, ont revendiqué l’attentat brutal de l’Université de Garissa au Kenya. Le bilan de l’attaque a atteint 148 morts, faisant de celle-ci l’attaque la plus meurtrière perpétrée sur le sol kenyan depuis l’attentat contre l’ambassade américaine à Nairobi en 1998.

Pourquoi les shebab s’en prennent-ils de nouveau au Kenya? L’élément déclencheur que le groupe utilise pour justifier ses attaques est relativement récent.

En 2011, les enlèvements de touristes étrangers dans des complexes touristiques du nord du Kenya attribués aux extrémistes somaliens menacaient le secteur du tourisme kenyan, qui représente 12% de l’économie totale du pays.

Le gouvernement kenyan a alors envoyé des troupes en Somalie pour combattre les insurgés dans le but de protéger ses destinations touristiques des attaques de groupes somaliens profitant de la longue frontière poreuse entre les deux pays.

Ces dernières années, les troupes kenyanes ont rejoint la force de l’Union africaine (Mission de l’Union africaine en Somalie, AMISOM) visant à chasser les combattants shebab des principales villes somaliennes.

Ainsi, les shebab, qui ne peuvent lutter face à des troupes africaines soutenues par une puissance de feu étrangère sur le champ de bataille, ont battu en retraite et se sont dispersés dans des zones rurales.

En même temps, le groupe a opté pour une stratégie de guérilla et organisé de nombreux raids en Somalie et au Kenya, dont le tristement célèbre attentat du centre commercial de Westgate à Nairobi en 2013.

Placé sur la liste des organisations terroristes des Etats-Unis et du Royaume-Uni, le groupe a menacé de poursuivre ses attaques contre le Kenya tant que le pays n’aurait pas retiré ses troupes de Somalie.

Les attaques des shebab contre des cibles civiles au Kenya ont été largement condamnées par la communauté internationale, car il est universellement admis que rien ne justifie le meurtre de civils innocents.

Les autorités kenyanes ont juré de ne pas céder face aux menaces terroristes.

Avec l’aide internationale, en particulier après l’attentat de Westgate, le Kenya a renforcé ses mesures de sécurité, notamment en augmentant ses dépenses sécuritaires, en recrutant davantage d’officiers de police et en renforçant sa législation en matière de sécurité.

Selon certains observateurs, le Kenya est accablé par des maux chroniques, dont les divisions ethniques et religieuses, la radicalisation des jeunes et la pauvreté, qui ont servi de terreau pour le terrorisme au Kenya.

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