Lutte contre le braconnage : les conclusions des spécialistes attendues

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Les acteurs engagés dans la conservation de la biodiversité des pays membres de l’Union africaine (UA) ont deux jours pour produire des solutions réalistes pour lutter contre la criminalité environnementale.

Les spécialistes présenteront leurs conclusions, le 29 avril, à la réunion des ministres concernés dans le cadre de la Conférence internationale sur l’exploitation illégale et le commerce illicite des produits de la flore et de la faune qui se tient à Brazzaville du 27 au 30 avril.

La balle revient à tous les spécialistes de la question de proposer une stratégie, un plan d’action, une déclaration et une gouvernance régionale explicite, au cours de cette rencontre organisée par le Congo et la Commission de l’Union africaine et d’autres partenaires.

La conférence est orientée vers l’action et l’atteinte des résultats tangibles. Par exemple les Nations unies sont préoccupées par le sujet. La situation du braconnage concourt vers l’extinction des espèces, alimente la corruption et les conflits et met en péril des vies humaines et les moyens de substance.

« Il s’agit d’un enjeu de développement humain au regard de l’interaction entre l’Homme et son environnement (…) le nombre de touristes chutent dans les pays qui ont désespérément besoin de revenus et les économies locales sont profondément affectées. Force est d’admettre que les crimes qui affectent la faune et la forêt équivalent à des actes de pillage de biens publics », a souligné le coordonnateur résident du système des Nations unies au Congo.

Insistant sur le fait, le ministre de l’Économie forestière et du Développement durable estime que ce trafique n’affecte pas qu’uniquement les espèces et les écosystèmes mais aussi les moyens de subsistance des populations. Ainsi, la conférence internationale est le fruit des plaidoyers du Congo au niveau de la communauté internationale et aussi une préoccupation de l’UA face au braconnage en Afrique et à la montée du phénomène.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes

Il a été enregistré 25 000 éléphants abattus et 23 000 tonnes d’ivoire saisies en 2011. 146 rhinocéros abattus en Afrique en 2013 et le commerce de l’ivoire en Extrême orient est en pleine expansion.

Le prix du kilogramme de l’ivoire pratiqué autour de 200 dollars en 2003 a augmenté jusqu’à 3000 dollars au marché noir en 2013. Dans les années 90, le kilogramme de la corne de rhinocéros se vendait à 800 dollars et, en 2013, on se le procure à 65 000 dollars. Le braconnage concerne aussi les oiseaux migrateurs et les espèces aquatiques et marines. S’ajoute aussi l’exploitation illégale du bois de rose, interdite par la loi malgache, et l’ébène, classés comme espèces protégées.

La flore, le trafic oublié

La conférence mettra aussi un accent particulier sur un trafic oublié, celui de la flore. En effet, plusieurs espèces végétales sont commercialisées pour leurs vertus médicinales, potentiel pharmaceutique ou cosmétique, valeur alimentaire ou vertus décoratives. Selon le ministre Henri Djombo, elles échappent au contrôle des États pourvoyeurs et aux mécanismes de régulation du commerce de la flore en empruntant, en masses, des circuits illégaux. Des fougères et des orchidées dans l’ornement et de nombreuses espèces de plantes alimentent les laboratoires à l’étranger et certains autres matériels végétaux sont exportés pour la recherche. « La situation est certes grave, mais ce triste tableau ne devrait pas occulter les expériences positives en cours, les réussites sur le terrain et les efforts accomplis », a conclu le ministre congolais.

 

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