L’Union Africaine pointe du doigt la situation au Soudan du Sud

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http://blogs.mediapart.fr/blog/eric-m/021115/l-union-africaine-pointe-du-doigt-la-situation-au-soudan-du-sud

Dans un rapport rendu public le 27 octobre dernier et particulièrement sévère, l’Union Africaine qualifie « d’extrême cruauté » les affrontements qui ont lieu au Soudan du Sud depuis maintenant près de deux ans. Revenons sur les origines du conflit.

Une histoire contestée

C’est fin 2013 que la situation éclate au Soudan du Sud. Une tentative supposée de coup d’Etat serait à l’origine du conflit entre les forces gouvernementales du président Salva Kiir et les rebelles dirigés par l’ancien vice-président, Riek Machar. Le rapport de l’Union Africaine conteste cependant cette thèse et évoque à la place des conflits de personnes au sein de la garde présidentielle. Ces discordances auraient alors dégénéré en chasse à l’homme des Nuer par les Dinka.

La lutte entre ces deux groupes ethniques majeurs au Soudan du Sud est symptomatique de l’affrontement entre Salva Kiir et Riek Machar. En effet, le nouveau président est un Dinka alors que l’ancien vice-président est un Nuer. Cette guerre est caractérisée par des massacres ethniques dans les deux camps, des viols et l’emplois d’enfants soldats. A ce jour, les violences ont fait des dizaines de milliers de morts et chassé quelques 2,2 millions de Soudanais du Sud de leurs foyers.

Un rapport qui arrive un peu trop tard

Ce rapport de l’Union Africaine liste une série de recommandations et de réformes de l’Etat que le Soudan du Sud doit mettre en œuvre afin de pouvoir enfin tirer un trait sur cet affrontement inhumain. Cela fait un an que les membres de l’Union Africaine ont rendu leurs conclusions mais ils ont préféré attendre la signature d’un accord de paix pour le rendre public. Signé en août dernier, cet accord de paix n’a malheureusement toujours pas été appliqué.

Parmi les proposions pour remettre le Soudan du Sud dans le droit chemin, l’universitaire ougandais Mahmood Mamdani propose que « tous les membres du gouvernement, président, vice-président et ministres, soient empêchés de participer à l’exécutif de transition ». On ne peut qu’être d’accord avec la position de l’intellectuel ougandais, il parait évident que pour réussir la mise en place de la paix au Soudan du Sud, il est essentiel que la totalité des responsables politiques soient remplacés.

Sur la base de ce rapport, l’Union Africaine devrait poser les bases d’une Cour de justice indépendante : la Cour hybride du Soudan du Sud. Le rôle de cette instance sera d’enquêter mais aussi de juger les responsables des massacres depuis le début de la guerre civile, fin 2013. « Cette cour de justice est la bienvenue. Si quelqu’un doit être traduit en justice, même s’il est des nôtres, c’est une bonne chose. Justice doit être faite. » a d’ailleurs réagi Dickson Gatluak, porte-parole adjoint de Riek Machar.

Même si les conclusions de ce rapport semblent aller dans le bon sens, nous pouvons nous interroger sur sa réelle utilité alors que la situation est belle est bien catastrophique. Même l’Union Africaine ne semble pas vraiment croire en la réelle portée de sa publication puisqu’elle explique dans son communiqué de presse qu’elle est seulement là à titre « d’information publique ». Espérons que Salva Kiir et Riek Machar vont entendre raison et enfin céder aux pressions de la communauté internationale.

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